11 décembre 2010
LE MONDE.FR : QUOTIRIENS
LA SAGA DE " LAS MENINAS " (Livre III). Où TOUT SERA RÉVÉLÉ.
Mais bon sang, quoi encore ! N’y a-t-il pas assez de savantes “réflexions”, interprétations, depuis la création de cette œuvre de Velázquez, depuis les contemporains du peintre comme Luca Giordano, jusqu’au regard intellectuellement perçant de Foucault (mais à travers un prisme d’anachronisme), l’interprétation plus historique et scientifique de la señora Mena Marques, la synthèse historico-kantienne de Daniel Arasse?
Sacré Velázquez… Velázquez sacré.
Un nouveau regard, un peu alambiqué, dans une fiction (pastiche) de la
Divine Comédie de Dante apporte la clef de l’énigme qui ouvre l’œuvre,
rien de moins.
Xavier de Harlay (« On y voit tout… de l’autre côté du miroir » chez
littetgraphie) nous conduit à une révélation, apportée par le prince
héritier de la cour d’Espagne, lui-même, qui s’avère être à la fois le
Petit Prince et le guide dans la descente, non vers l’enfer, mais vers
la vérité ( ?)…

Et si l’infante et ses suivantes, tous les personnages représentés
sur le tableau (le peintre avec eux) se regardaient dans une immense
glace ? S’expliquent le regard oblique de l’infante, qui en fait se mire
dans la glace ; la naine qui tient un objet imprécis (un anneau ?) dans
la main, et joue avec un reflet de lumière qui se réfléchit sur la même
glace ; la position inversée de la lumière qui vient habituellement de
la gauche, selon les canons picturaux de l’époque.
Ça colle, effectivement.
Alors, l’interprétation s’emballe, dans une tornade de révélations.
Il n’y a pas un seul Velázquez représenté, mais trois, à différents
stades de sa vie. Le peintre, bien sûr, derrière son chevalet,
l’intendant (aposentador) qui parle avec la religieuse, l’huissier de la
chambre du roi, sur l’escalier du fond, point de fuite principal du
tableau sur son bras qui ouvre un rideau. Et que fait-il, celui-là ?
Tout simplement, il permet à la lumière d’envahir la pièce du fond
jusqu’alors dans la pénombre. Et qui se tient dans cette salle obscure,
derrière un miroir sans tain, regardant d’un œil divin et néanmoins bon
enfant la petite troupe derrière le miroir ? Le couple royal, bien sûr,
soudain visible dans un halo de lumière à travers le miroir sans tain.
Le garçon, enfin, qui bouscule le mâtin royal à coup de pied, à bien y
regarder, ressemble étrangement au prince héritier Balthasar Carlos,
mort enfant, enfant chéri et regretté par son royal père (le Petit
Prince!), et non pas à un nain disharmonieux.
La tête nous tourne devant tant de révélations en si peu de pages. Tant d’évidences après tant d’errances.
On est presque déçu. Trop de lumière…
Vous savez quoi ? Je parle, depuis trois articles, d’un tableau que
je n’ai jamais vu à ce jour (j’ai néanmoins, depuis, une motivation
certaine pour visiter le musée du Prado et l’y contempler enfin).
Pourtant, j’ai eu une « expérience » Velázquez que je vais partager avec vous.
J’ai eu l’incroyable privilège de me trouver en visite privée dans le musée d’art de “Vienne”
(le Kunsthistorischesmuseum) en janvier dernier. Une poignée d’invités
pour qui étaient ouvertes, de nuit , les galeries ornées des chefs
d’œuvre prestigieux (une salle entière de Bruegel, la tour de Babel…).
Je me suis trouvé, seul, dans un silence strié des crissements de mes
pas sur le parquet miroir, dans une salle au milieu de toiles immenses
de Velázquez, entouré par cette même famille royale qui m’était, alors,
inconnue. Tous les regards convergeaient vers l’intrus, celui,
kaléidoscopique, de l’Infante dans sa robe-cage. J’aurais pu les
détailler à mon aise, les défier du regard. Je suis passé, presque
penaud, survolant la galerie royale, en levant les talons.
J’ai eu mon moment Velázquez et je n’ai pas su en profiter.
Pourtant j’y reviens avec le regard multiple d’illustres spectateurs.
Chaque fois que je me trouve devant un miroir ou devant un tableau, je me demande maintenant ce qui peut se trouver derrière.
Grâce te soit rendue, Diego Rodríguez de Silva y Velázquez d’avoir ouvert mon (notre) regard.
F.BLADOU
>>> http://quotiriens.blog.lemonde.fr
Le nom du livre : ON Y VOIT TOUT... de l'autre côté du miroir
L'auteur : Xavier de Harlay
Edition : LITT&GRAPHIE / ISBN : 9782952772501
Prix : 12 euros
Nombre de pages : 150 pages illustrées en couleur
17 mai 2009
Le magazine des LIVRES
04 mai 2009
Contes de l'amour ordinaire
CONTES DE L'AMOUR ORDINAIRE
NE PAS AIMER LA ROUTINE suppose aussi accepter de connaître la solitude entre deux histoires... des creux de vie comme seules sont capables d’en créer les vagues. Cette solitude est un choix. Elle se nourrit de ce que la vie lui donne, et vit les plus fabuleux coups d’aventure et coups d’amour possibles. Infinie et profonde, la quête confronte chaque jour les êtres intéressés par l’éphémère et par l’éternel... COMME DANS UN CONTE DE FÉES... C’est la fin de l’été. La Vendée, fin août, vous offre de belles vagues mousseuses, comme un excellent champagne. Quelques surfers du coin profitent des lames du large avant la grande marée d’équinoxe... Laurent est là depuis quelques semaines pour aider Mathieu, le propriétaire de la cabane de location de surfs, située sur cette grande plage peu connue du grand public. Entre deux séances de vagues, il s’occupe des quelques clients qui veulent louer une combinaison... rentre et sort les planches... et surtout profite de la beauté du paysage, lui qui vit à Paris le reste de l’année !... Sybille connaît bien Sauveterre. C’est sa plage préférée... de belles images du souvenir de ses garçons quand ils étaient encore tout petits. Aujourd’hui, elle est seule et quand ses enfants – grands, à présent – ne sont pas là, elle s’éclipse volontiers en Vendée. Chaque saison lui plait, tout y est si différent !...
« Nouvelles impeccables. Belle imagination, l’écriture est là, ferme et précise... »
Yves Simon
(Auteur, compositeur, interprète et écrivain)
Editions LITT&GRAPHIE : CONTES DE L'AMOUR ORDINAIRE
- ISBN 978295772549 - 19 euros.


